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Je collige la généalogie de la famille Ritchot. La généalogie est ma passion. En visitant ce blogue, vous découvrirez que si c'est une science, ce n'est pas sorcier !
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jeudi 1 avril 2010

Question d'identité

L'ethnoloque québécois Jacques Rousseau, dans son ouvrage L'hérédité et l'homme (Édition de l'Arbre, 1945), écrivait :

« La parenté biologique vient d'abord du stock héréditaire transmis à la naissance par les chromosomes. L'homme en possède 48 [en fait, il s'agit plutôt de 46 chromosomes] et chacun des ses parents en a contribué la moitié. Or, au niveau de la septième génération, chaque personne compte 64 ancêtres. C'est donc que 18 d'entre eux n'ont transmis, à un descendant donné, aucun chromosome, et partant aucun bagage héréditaire. » [...] « seulement 48 de la part des 128 ancêtres de la huitième génération, seulement 48 des 256 de la neuvième, et ça remonte comme cela. »

Si on construit sur ces bases, on peut dire que nous héritons en fait que des 5 ou six générations qui nous précèdent.
Dans mon ascendance sur 12 générations, je compte 1 476 couples, soit 2 933 ancêtres, dont la majorité sont d'origine française. Parmi mes ancêtres, je trouve : 5 d'origine allemande, 17 d'origine anglo-américaine (dont un a été naturalisé français), trois Suisses, une vingtaine d'Acadiens et 3 Amérindiennes (Algonquine, Nipissirienne, Mikmag).

J'ai comme ancêtres des soldats, des sages-femmes, des voyageurs, des cultivateurs, des marchands, des artisans et peut-être aussi quelques membres de la petite noblesse.

Pourquoi devrais-je porter mon attention sur un ancêtre en particulier et négliger l'apport de tous les autres ? Pourquoi devrais-je privilégier un ancêtre en particulier pour bâtir mon identité, sur la simple base de son origine ethnique ?
Ne devrions-nous pas nous pencher sur l'histoire de TOUS nos ancêtres ?

Qu'est-ce qui justifierait par exemple, que je revendique l'identité états-unienne sous prétexte que l'ancêtre dont je porte le nom est le fils de colons anglo-américains (au 12ème degré dans mon ascendance) ?

Serait-il justifié que je revendique l'identité allemande sous prétexte que je descend au 8ème degré de deux soldats des troupes auxiliaires allemandes venus au Canada pendant la guerre de l'Indépendance américaine ?

Devrais-je me définir comme Acadienne sur la simple base que j'ai plusieurs ancêtres qui ont été chassés de l'Acadie lors du
Grand Dérangement ?

Devrais-je me définir comme Autochtone sur la simple base que je descend de l'Algonquine Marie Mitéouamégoukoué ? Il n'y a aucune tradition orale dans ma famille concernant une quelconque ascendance « autochtone ». Pourtant, elle s'y trouve bel et bien, et je possède tous les documents pour le prouver.

Le même affirmation peut se faire pour notre ascendance allemande, anglo-américaine, acadienne, etc.

Beaucoup de gens abordent la recherche généalogique dans l'espoir de confirmer une tradition orale les reliant aux nations amérindiennes ou à une quelconque ascendance noble. Et certaines de ces personnes crient à la « théorie du complot » lorsqu'elles ne voient pas dans
les documents ce qu'elles désirent y trouver. Quand je lis un acte, je ne me dis pas immédiatement que le curé ou le célébrant me cache la vérité parce que cet acte ne me dit pas ce que je veux entendre. La recherche ne fonctionne pas sur ces prémisses.

Je pense que nous sommes la somme des ancêtres qui nous ont précédés. N'est-ce pas faire preuve de négationnisme que de négliger la somme de nos ancêtres pour ne se définir que par un ou une seule d'entre eux, sur la seule base de son origine ethnique ?

3 commentaires:

Claude R Laviolette Levesque a dit…

Bonjour madame Ritchot,
Je trouve votre blogue du 1er avril, Question d'identité, très intéressant. Votre réflexion me fait beaucoup réfléchir moi aussi car j'ai tendance à me limiter à peu d'ancêtres pour me définir, moi aussi.... En réalité, mes deux grand-mères écossaises (mes deux parents sont d'origine française), me définissent beaucoup plus que je veux bien me le faire croire. Mes ancêtres se composent aussi de plusieurs acadiens (je suis d'origine néo-brunswickoise), de quelques amérindiennes, un belge, un suisse, un portugais et des anglophones.
Merci beaucoup pour votre blogue et bravo pour vos recherches.
Je vous lis régulièrement avec beaucoup d'intérêt.
Claude R Laviolette Levesque

Ruth a dit…

Entièrement d'accord avec vous. Les découvertes récentes concernant l'effet du stress sur l'ADN viennent encore ajouter à ce que vous dites : nous sommes la somme tant de nos expériences que du bagage génétique de l'ensemble de ceux qui nous ont précédés. Merci aussi de votre mise au point.

Sylvain Desroches a dit…

Concernant la contribution de nos 46 chromosomes par seulement 46 ancêtres:
En réalité, un phénomène appelé "crossing-over" provoque le mélange de plusieurs groupes de gènes entre les deux chromosomes composant chacune de nos 23 paires de chromosomes.
Par conséquent, chaque chromosome que nous recevons ne provient pas en entier de notre père ou de notre mère, mais est une combinaison de portions provenant des deux parents.
En définitive, à raison d'une miette de chromosome par-ci, une miette par-là, nous avons toutes les chances de recevoir notre hérédité de plusieurs centaines, voire même milliers d'ancêtres!